Nous avons souvent une mémoire étonnamment précise de ce qui n’a pas fonctionné. Une erreur, une remarque qui nous a déstabilisés, une prise de parole où nous avons perdu nos moyens, une décision que nous regrettons… Nous pouvons y repenser longtemps après.
Mais nos réussites ? Nous avons parfois tendance à les laisser passer beaucoup plus vite. Un entretien qui s’est bien déroulé. Une présentation dont nous étions satisfaits. Une difficulté que nous avons finalement surmontée. Nous constatons que cela s’est bien passé, puis nous passons à autre chose.
Pourtant, ce qui a fonctionné peut devenir une véritable ressource pour la suite.
Notre cerveau ne mémorise pas uniquement ce qui nous met en difficulté. Les expériences positives, particulièrement lorsqu’elles sont associées à une émotion, peuvent elles aussi laisser une trace et être réactivées lorsque nous nous les remémorons.
C’est précisément ce qui rend nos réussites intéressantes en préparation mentale.
L’idée n’est pas simplement de se dire : « J’ai réussi. » Mais de comprendre ce qui a permis cette réussite.
Qu’ai-je fait différemment ?
Dans quel état étais-je ?
Qu’est-ce qui m’a aidé ?
Quelle ressource ai-je mobilisée ?
Qu’est-ce que cette expérience m’apprend sur ma manière de fonctionner ?
Une prise de parole réussie peut ainsi nous apprendre ce qui nous a permis d’être plus à l’aise que d’habitude. Un entretien positif peut nous révéler ce qui nous aide à nous sentir plus en confiance. Une situation difficile surmontée peut nous montrer que nous savons nous adapter ou mobiliser des capacités lorsque nous en avons besoin.
Une réussite n’est donc pas seulement un événement qui s’est bien passé. C’est aussi une expérience qui nous montre ce dont nous sommes capables et ce que nous savons mobiliser.
C’est pourquoi j’aime l’idée de se constituer une sorte de « bibliothèque des réussites » : garder en mémoire ces moments où nous avons osé, progressé, surmonté une difficulté ou trouvé une manière efficace de faire face à une situation.
Pas pour se raconter que tout va toujours bien, ni pour nier ce qui a été difficile. Mais pour ne pas oublier les ressources que nous possédons déjà.
Lorsque survient une nouvelle situation exigeante, cette bibliothèque peut nous rappeler que nous ne partons pas de zéro. Nous avons déjà vécu des moments où la situation exigeait le meilleur de nous-mêmes. Nous avons déjà trouvé des solutions. Nous avons déjà mobilisé des ressources.
Et c’est aussi cela, la préparation mentale : apprendre à mieux connaître ce qui fonctionne pour soi afin de pouvoir le remobiliser lorsque la pression monte.
Dans la pratique
Dans les accompagnements, nous prenons le temps d’explorer ce qui fonctionne déjà pour pouvoir ensuite le remobiliser intentionnellement lorsque l’enjeu s’intensifie. La préparation mentale aide ainsi à ne pas repartir de zéro lorsque survient une nouvelle situation exigeante.

